Quand la défense de l’environnement se trompe de cible !

[A] l’identique d’une rencontre des adhérents du Syndicat de Défense des Moulins et Cours d’Eau (SDMCE) , l’Association Régionale des Amis des Moulins (ARAM) tenait une assemblée générale avec pour seul ordre du jour des textes réglementaires  « radicaux » sur la gestion des droits d’eau. Ces textes appliqués dans toute leur rigueur conduisent quelquefois à « l’effacement » d’ouvrages, et d’autres fois à des aménagements coûteux dont l’efficacité et l’utilité sont contestables.

Ceci avec pour alibi l’environnement et la qualité biologique des cours d’eau. Or, les meuniers, riverains et observateurs quotidiens des berges identifient de nombreuses causes de pollution, visibles ou non (pollutions agricoles, industrielles, déversoirs d’égoûts…),  sans rapport avec leur ouvrage, et dont l’impact est établi, effectif, mesurable, alors que les pouvoirs publics semblent résignés dans ces situations.

S’il fallait illustrer d’un seul exemple le bien fondé de ce point de vue, rappelons simplement que la biodiversité de nos ruisseaux était particulièrement bonne à l’époque des moulins, et que si elle a disparu en même temps que la majorité des moulins, on ne peut pas établir un lien de cause à effet ! Ce constat de simple bons sens ne semble pourtant pas compris des experts en salles, que nous serions contents d’accompagner sur nos berges pour illustrer nos propos.

Afin d’être mieux entendus, les meuniers s’unissent pour leur cause (ARAM et SDMCE). Ils ont déjà obtenu le soutien de nombreux représentants locaux (sénateurs, députés….), ces derniers, parce que provinciaux, ayant une réelle connaissance du terrain et de l’intérêt pour l’immense valeur patrimoniale de nos moulins.

Par ailleurs, et souvent à l’inverse de leurs interlocuteurs, les meuniers ne sont pas obtus. Ils ne s’opposent pas à l’effacement d’ouvrages abandonnés et aux aménagements facilitant la « libre circulation » des habitants de la rivière. Reste à trouver qui va supporter le coût financier de ces travaux.

C’est avec tristesse que les amoureux des moulins et des rivières voient sous leurs yeux se reproduire la même erreur que dans d’autres temps l’arrachage massif des haies, subventionné, suivi quelques années plus tard d’autres subventions pour les restaurer ! On sait aujourd’hui que celles ci expliquent une grande part de biodiversité, stockent du carbone, s’opposent à l’écoulement trop rapide des eaux donc aux inondations, contribuent au confort des animaux au champ, et à la beauté des paysages.

En matière d’environnement, toute démarche massive est susceptible de produire des « effets secondaires » négatifs tout aussi massifs, la sagesse dicterait d’agir par petites touches et avec discernement, mais la sagesse est-elle encore une préoccupation de notre société qui voudrait « faire vite » en toutes choses ? Dans d’autres domaines, des collectifs tentent de réhabiliter la « slow science », alternative au « buzz » tonitruant, espérons qu’ils réussissent.

 

 

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Cours d’eau : de nombreux enjeux !

[D]es textes toujours plus nombreux légifèrent sur la gestion des cours d’eau. Sur ce sujet comme sur d’autres, des échanges responsables et mesurés permettront de concilier les points de vue : pêcheurs, collectivités, meuniers, électriciens, agriculteurs, éleveurs, touristes….

Références :

 

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